ErotiCat
[Certains noms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat de Cat et de Dragibus-woman]
Voici enfin le post érotique tant attendu, enfin, j’ai cru comprendre, qui fait suite à celui des « Billets Mouillés ». Comment ça, tu ne l’as pas lu ? Tu files immédiatement le lire et tu reviens, on t’attend…
Ça y est ? C’est fait ? Bon, je reprends.
Donc Pupuce, qui n’a pas de temps à perdre, a invité les deux donzelles à la rejoindre dans sa chambre, à l’Etap Hôtel de Toulouse,  pour une partie de jambes en l’air, appelons les choses par leur nom et après tout, on est là pour ça, alors on va pas chipoter. C’est donc là que nous entrons dans le vif du sujet.
Mais elle, la narratrice, où est-elle, vous demandez-vous ? Que fait-elle ? Eh bien, son grand âge et sa hanche artificielle ne lui permettant pas ce genre d’acrobaties, elle a été bannie de la chambre. Elle patiente donc sur la terrasse en teck de l’hôtel, alanguie sur une chaise longue, les jambes enveloppées dans un plaid, en sirotant une piña-colada, le regard plongé dans le grand disque incarnat du soleil qui fait ricocher ses derniers rayons sur le miroir étale de la Méditerranée. [Bref, je suis enfermée dans la voiture, sur le parking, pour échapper à la concupiscence de Rémi, l’homme au sourire-parmesan, oui celui-là même, qui arrondit ses fins de mois en bossant à l’hôtel, sans doute pour s’acheter des dents, ma canette de Fanta à la main, complètement hypnotisée, telle la lapine prise dans la lumière des phares, par le grand C rouge lumineux du Cuisinella d’en face.]
Mais alors, me direz-vous, qui va nous narrer l’histoire ? Qui sera le témoin des prouesses sexuelles de Pupuce ?
Ben, Alain.
Je vous le passe.
Salut, je m’appelle Alain, je suis perce-oreille, ma mère m’a baptisé comme ça rapport à Alain Delon, elle le trouvait beau.
Avant je vivais dans les Pyrénées, mais je me suis retrouvé embarqué par une randonneuse, je sais pas comment, et me voilà dans cette chambre d’hôtel. Alors, comme j’ai rien de mieux à faire, j’observe. Ils me font marrer, ces humains.
Là , la petite à poil ras qui m’a embarqué (l’autre l’appelle Pupuce, je vois pas le rapport, je peux vous dire que j’en ai connu, moi, des puces, et même intimement,  aucune ressemblance, à part peut-être le fait qu’elle saute partout tout le temps…), donc, Pupuce vient de rentrer avec deux nouvelles randonneuses (je suppose que c’est des randonneuses, moi j’ai croisé que ça comme espèce dans les Pyrénées, bien qu’elles m’aient pas l’air bien équipées pour la montagne, bref.) Et à peine arrivées, elles se sont mise à s’arracher mutuellement leurs exosquelettes, je sais pas, ça devait leur gratter, ou quoi. Nous, les perce-oreilles, on peut pas les retirer, nos exosquelettes, mais j’ai remarqué que les humains muaient souvent à ce niveau-là . Par contre, ils ont l’air d’y tenir à leurs mues, Pupuce trimballe les siennes dans une petite coque dure à roulette. C’est la première fois que je vois des humains en pleine mue, c’est émouvant. Sous l’exosquelette, les trois spécimens, des femelles, sont plus ou moins faites pareil. La nature a pensé à tout : les randonneuses sont équipées de gourdes intégrées au niveau du torse et d’ailleurs, la petite à poil ras a l’air d’avoir très soif, car elle boit goulûment, en passant d’une gourde à l’autre, que lui offre généreusement la randonneuse à poils jaunes. Ce qui est étonnant, c’est que les gourdes n’ont pas l’air de se vider pour autant, il doit y avoir un système de remplissage automatique. Pendant ce temps, la randonneuse à poils bruns, qui n’a pas pensé à remplir ses gourdes, elle,  a l’air de chercher quelque chose dans ce qui ressemble à une poche ou un porte-monnaie recouvert de fourrure, situé à la jointure des membres inférieurs de sa voisine. Je ne sais pas ce qu’elles y rangent, mais elles ont l’air de vouloir y mettre plein de choses, bien que je ne voie jamais rien en ressortir. Elles boivent donc beaucoup, chacune aux gourdes des autres, cherchent et fouillent dans leurs porte-monnaie, parfois même elles vont regarder au fond, pour vérifier sans doute qu’elles n’y ont rien oublié, en poussant des petits cris  difficiles à interpréter. Tout à coup, elles s’arrêtent et se mettent à admirer Biquet et à le caresser.
Biquet, c’est une espèce de grand papillon bleu et blanc. A mon avis il est clamsé parce qu’il est pas très causant, j’ai essayé d’engager la conversation sans succès, et il bouge jamais tout seul. Des fois, la petite à poil ras monte dessus, je crois qu’elle essaie de le faire voler, mais il a des ailes rondes bizarres qui tournent sur elles-mêmes, donc, je vois pas comment elle compte y arriver. En tout cas, elle l’aime bien, c’est limite si elle dort pas avec.
Les deux autres ont l’air de vouloir démantibuler Biquet pour jouer avec son abdomen (voir photo).

Je ne comprends pas ce qu’elles veulent en faire, en tout cas Pupuce devient toute rouge et commence à crier, à ramasser les mues des deux autres et à les leur lancer, comme si elle voulait leur recoller dessus. J’ai limite peur, j’ai presque envie de me mettre les mains devant les yeux, mais je vous prie de croire que dans mon état, c’est pas évident. (voir photo)

Un grand claquement me fait sursauter et quand je retrouve mes esprits, les deux randonneuses ont disparu, il ne reste que Pupuce, qui serre Biquet dans ses bras en lui parlant doucement. Elle a l’air d’aimer les insectes, on va bien s’entendre.
Pendant ce temps, ayant reçu un texto enflammé de Pupuce [« Ramène tes fesses, j’ai deux bombasses sur le feu, chambre 126, Etap Hôtel, Z.I du Pastaga, Toulouse. Le code : 369523. Et oublie pas tes accessoires ! ;-) »], Haribo-Girl, son sac de piscine à la main, tape fébrilement son numéro de sécu sur le digicode de la chambre 23 de l’hôtel Formule 1 de la Z.A.C de la Ciboulette, à Carcassonne. Mais y a-t-il encore quelqu’un ici pour s’en étonner ?
(à suivre…)