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BLACK SWAN EN 4 VERS (Attention spoiler !!)

28 janvier 2011

C’est l’histoire d’une ballerine

Qui hallucine, qui hallucine, qui hallucine

Et qui expire

Sur son Epéda Multispire

PS : Ah, elle a les poils qui poussent aussi (enfin, les plumes)
PPS : Et y a un Kunis-lingus, sauf qu’en fait non

photo © Lucien Clergue

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UN JOUR ET UNE NUIT

16 octobre 2010
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On aurait passé la journée dehors au soleil ou dans le froid, ce serait l’été, ou l’hiver.

On se serait promenées, embrassées, on aurait parlé de tout et de rien, on aurait mangé dans un de nos restos préférés, on aurait ri, on aurait flâné dans une ou deux boutiques sans rien acheter, peut-être visité une expo, puis on se serait assises sur un banc, l’une contre l’autre, en silence et on aurait regardé les gens passer…

Et le soir, on aurait eu hâte de rentrer, pour se glisser dans des draps frais, ou au chaud sous la couette, pour sentir nos deux peaux l’une contre l’autre. Tu aurais posé ta tête au creux de mon épaule et replié ta jambe sur les miennes. J’aurais passé ma main sur ton dos, en me disant que je n’arrivais plus à compter tes côtes et ça m’aurait fait sourire, dans le noir. J’aurais senti ton corps devenir plus lourd contre le mien et ta respiration plus régulière et plus profonde. Et puis, juste avant de sombrer dans le sommeil, tu aurais eu un petit sursaut et je t’aurais murmuré quelque chose, peut-être tout simplement « Ã‡a va ? ». Tu aurais relevé la tête pour me répondre et tu m’aurais embrassée… ta fatigue se serait envolée, quelques instants, le temps de faire l’amour. Puis, on se serait endormies, enlacées, imbriquées… jusqu’à en avoir des fourmis dans les bras. Toute une nuit. Jusqu’au jour suivant.

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ErotiCat

1 septembre 2010

ErotiCat

[Certains noms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat de Cat et de Dragibus-woman]

Voici enfin le post érotique tant attendu, enfin, j’ai cru comprendre, qui fait suite à celui des « Billets Mouillés ». Comment ça, tu ne l’as pas lu ? Tu files immédiatement le lire et tu reviens, on t’attend…

Ça y est ? C’est fait ? Bon, je reprends.

Donc Pupuce, qui n’a pas de temps à perdre, a invité les deux donzelles à la rejoindre dans sa chambre, à l’Etap Hôtel de Toulouse,  pour une partie de jambes en l’air, appelons les choses par leur nom et après tout, on est là pour ça, alors on va pas chipoter. C’est donc là que nous entrons dans le vif du sujet.

Mais elle, la narratrice, où est-elle, vous demandez-vous ? Que fait-elle ? Eh bien, son grand âge et sa hanche artificielle ne lui permettant pas ce genre d’acrobaties, elle a été bannie de la chambre. Elle patiente donc sur la terrasse en teck de l’hôtel, alanguie sur une chaise longue, les jambes enveloppées dans un plaid, en sirotant une piña-colada, le regard plongé dans le grand disque incarnat du soleil qui fait ricocher ses derniers rayons sur le miroir étale de la Méditerranée. [Bref, je suis enfermée dans la voiture, sur le parking, pour échapper à la concupiscence de Rémi, l’homme au sourire-parmesan, oui celui-là même, qui arrondit ses fins de mois en bossant à l’hôtel, sans doute pour s’acheter des dents, ma canette de Fanta à la main, complètement hypnotisée, telle la lapine prise dans la lumière des phares, par le grand C rouge lumineux du Cuisinella d’en face.]

Mais alors, me direz-vous, qui va nous narrer l’histoire ? Qui sera le témoin des prouesses sexuelles de Pupuce ?

Ben, Alain.

Je vous le passe.

Salut, je m’appelle Alain, je suis perce-oreille, ma mère m’a baptisé comme ça rapport à Alain Delon, elle le trouvait beau.

Avant je vivais dans les Pyrénées, mais je me suis retrouvé embarqué par une randonneuse, je sais pas comment, et me voilà dans cette chambre d’hôtel. Alors, comme j’ai rien de mieux à faire, j’observe. Ils me font marrer, ces humains.

Là, la petite à poil ras qui m’a embarqué (l’autre l’appelle Pupuce, je vois pas le rapport, je peux vous dire que j’en ai connu, moi, des puces, et même intimement,  aucune ressemblance, à part peut-être le fait qu’elle saute partout tout le temps…), donc, Pupuce vient de rentrer avec deux nouvelles randonneuses (je suppose que c’est des randonneuses, moi j’ai croisé que ça comme espèce dans les Pyrénées, bien qu’elles m’aient pas l’air bien équipées pour la montagne, bref.) Et à peine arrivées, elles se sont mise à s’arracher mutuellement leurs exosquelettes, je sais pas, ça devait leur gratter, ou quoi. Nous, les perce-oreilles, on peut pas les retirer, nos exosquelettes, mais j’ai remarqué que les humains muaient souvent à ce niveau-là. Par contre, ils ont l’air d’y tenir à leurs mues, Pupuce trimballe les siennes dans une petite coque dure à roulette. C’est la première fois que je vois des humains en pleine mue, c’est émouvant. Sous l’exosquelette, les trois spécimens, des femelles, sont plus ou moins faites pareil. La nature a pensé à tout : les randonneuses sont équipées de gourdes intégrées au niveau du torse et d’ailleurs, la petite à poil ras a l’air d’avoir très soif, car elle boit goulûment, en passant d’une gourde à l’autre, que lui offre généreusement la randonneuse à poils jaunes. Ce qui est étonnant, c’est que les gourdes n’ont pas l’air de se vider pour autant, il doit y avoir un système de remplissage automatique. Pendant ce temps, la randonneuse à poils bruns, qui n’a pas pensé à remplir ses  gourdes, elle,  a l’air de chercher quelque chose dans ce qui ressemble à une poche ou un porte-monnaie recouvert de fourrure, situé à la jointure des membres inférieurs de sa voisine. Je ne sais pas ce qu’elles y rangent, mais elles ont l’air de vouloir y mettre plein de choses, bien que je ne voie jamais rien en ressortir. Elles boivent donc beaucoup, chacune aux gourdes des autres, cherchent et fouillent dans leurs porte-monnaie, parfois même elles vont regarder au fond, pour vérifier sans doute qu’elles n’y ont rien oublié, en poussant des petits cris  difficiles à interpréter. Tout à coup, elles s’arrêtent et se mettent à admirer Biquet et à le caresser.

Biquet, c’est une espèce de grand papillon bleu et blanc. A mon avis il est clamsé parce qu’il est pas très causant, j’ai essayé d’engager la conversation sans succès, et il bouge jamais tout seul. Des fois, la petite à poil ras monte dessus, je crois qu’elle essaie de le faire voler, mais il a des ailes rondes bizarres qui tournent sur elles-mêmes, donc, je vois pas comment elle compte y arriver. En tout cas, elle l’aime bien, c’est limite si elle dort pas avec.

Les deux autres ont l’air de vouloir démantibuler Biquet pour jouer avec son abdomen (voir photo).

Je ne comprends pas ce qu’elles veulent en faire, en tout cas Pupuce devient toute rouge et commence à crier, à ramasser les mues des deux autres et à les leur lancer, comme si elle voulait leur recoller dessus. J’ai limite peur, j’ai presque envie de me mettre les mains devant les yeux, mais je vous prie de croire que dans mon état, c’est pas évident. (voir photo)


Un grand claquement me fait sursauter et quand je retrouve mes esprits, les deux randonneuses ont disparu, il ne reste que Pupuce, qui serre Biquet dans ses bras en lui parlant doucement. Elle a l’air d’aimer les insectes, on va bien s’entendre.

Pendant ce temps, ayant reçu un texto enflammé de Pupuce [« Ramène tes fesses, j’ai deux bombasses sur le feu, chambre 126, Etap Hôtel, Z.I du Pastaga, Toulouse. Le code : 369523. Et oublie pas tes accessoires ! ;-) »], Haribo-Girl, son sac de piscine à la main, tape fébrilement son numéro de sécu sur le digicode de la chambre 23 de l’hôtel Formule 1 de la Z.A.C de la Ciboulette, à Carcassonne. Mais y a-t-il encore quelqu’un ici pour s’en étonner ?

(à suivre…)

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La technique dite « des billets mouillés» ou comment j’ai appris à draguer à l’Ouzbek grâce à Pupuce

24 août 2010

Afin de répondre au nombreux courrier que je reçois me demandant des conseils de drague (pauvres naïfs que vous êtes !), je vous ponds un petit post sur une méthode dont j’ai pu voir de mes yeux vu l’efficacité redoutable.

J’ai donc baptisé cette technique de drague « les billets mouillés », c’est l’accessoire sine qua non pour parvenir à ses fins. Chacun(e) peut se les procurer à sa façon. Moi, par exemple, je les passe sous le robinet. Mais les puristes, comme Cat, qui m’a enseigné cette méthode (merci, grande prêtresse), ont besoin de vivre l’expérience qu’elles vont raconter à leur victime, question de crédibilité (c’est juste qu’elle est nulle pour raconter des bobards, en fait, mais bon, personne n’est parfaite).

Bref, pour mouiller ses billets, Cat se tape en général quinze jours de randonnée avec des hétéros poilus et bourrus et après 8 heures de marche forcée, arrivés à 8500 mètres au sommet de l’Annapurna, au cœur des Pyrénées Septentrionale de l’Ouest, paf un orage éclate (il faut obligatoirement pour que cette technique fonctionne que « paf, un orage éclate », sinon, on est dans la merde et retour au système robinet qui manque d’authenticité, gnagnagna, bref…) Donc, paf, un orage ! Ma Catoche, apeurée, se roule en boule, tel le hérisson (c’est mignon, ça), en attendant que ça passe, et se ramasse donc environ 3 000 mètres cubes de flotte (calcul approximatif) qui viennent imprégner son short Quechua, son t-shirt Quechua, ses chaussures Quechua, et jusqu’à son boxer… Dim (ah, tiens). Et évidemment le portefeuille est lui aussi gorgé d’eau !  Une fois, l’orage passé, on fait sécher la Cat, debout sur un rocher, en slip (je fournis la photo contre rémunération) et on redescend manger une raclette… ou un barbecue, je sais pas, ce que mangent les hétéros, dans ces cas-là.

Après son périple, je retrouve donc ma Cat, poil ras et look de baroudeuse. Elle a eu le temps de bien sécher, contrairement à ses vêtements, qu’elle laisse moisir tranquillement dans le coffre de sa voiture, enfermés dans une valise qu’elle a l’interdiction formelle d’ouvrir sous mes yeux mon nez.

Nous voilà donc parties pour Toulouse, Ô Toulouse, et nous passons à la Fnac, moi pour acheter le dernier recueil de poèmes du grand auteur thaïlandais Marchantong Tuvérasékoul-Safécliclac et Cat pour se procurer le guide Marabout « Comment soigner les ampoules et les engelures ». Arrivées à la caisse, Cat, qui a eu soin de choisir une jeune fille, contrairement à moi, idiote que je suis, sort ses billets mouillés et c’est là que je prends une grande leçon, que dis-je une leçon, une claque ! Tandis que mon caissier à moi, adipeux, boutonneux et peu au fait des dernières avancées en matière d’hygiène dentaire, me rend ma carte bleue en me souriant (Tony Gencil, au secours !), je peux observer du coin de l’œil et glaner du bout de l’oreille les bribes de conversation entre Cat et sa caissière ; Jeune et Jolie, comme le magazine.

-         Hou ! Ils sont tout mouillés, vos billets ! (avé l’accent, évidemment)

-         Oui, j’ai pris l’orage en montagne.

-         Ah, bon ? Vous étiez où ?

-         A 8500 mètres, au sommet du Fuji-yama, dans les Alpes de Haute-Papouasie…

-         Oh, ben je préfère ça, que les billets trempés de sueur, que les grosses bonnes femmes mettent dans leur soutien gorge. C’est dégoûtant !

-         Je veux bien vous croire. Non, ça c’est de l’eau de pluie des montagnes, ma jolie, 100 % pure. [avec le petit clin d’œil de baroudeuse qui va bien]

Sur ce, la caissière d’à côté, sans doute un peu Jalouse, Elle, comme les magazines, vient se mêler à la conversation et vas-y que je minaude : « Vous faites beaucoup de randonnée ? Vous avez monté quoi d’autre ? » [petit sourire aguicheur]…  et blablabli et blablabla. Bref, je vous passe les détails, mais pendant que j’attends patiemment un peu plus loin, en feuilletant « Le guide de la fellation pour les paresseuses » pour me donner une contenance, Cat ramasse deux numéros de portable et moi je ramasse une œillade émoustillée et un sourire le-buffet-est-ouvert de Rémi, mon caissier, l’air de dire « ça m’intéresse », comme le… magazine (y en a deux qui suivent).

Moralité : demain, je vais faire les courses, j’ai mis mes billets à tremper. Je vous tiens au courant.

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JUILLET 72

15 juillet 2010

C’est dimanche, il fait chaud, très chaud… une radio grésille au loin : les Etats-Unis s’enlisent au Viêt-nam… quelqu’un change de station et Good Vibrations des Beach Boys vient caresser les tympans de Bob, planté devant son barbecue, une fourchette à la main… Ah, les Beach Boys ! C’est sur cette chanson qu’ils se sont connus avec Elaine, lors d’une fête improvisée sur la plage entre copains… Tous ces bons souvenirs, et l’odeur de la viande qui grille le rendent d’humeur polissonne. Il regarde Elaine, du coin de l’Å“il, elle est en train de bronzer sur une chaise longue, dans son bikini à la Ursula Andress, plongée dans la lecture de Love Story. Elle a tellement adoré le film que Bob lui a offert le livre pour son anniversaire.

Son sang vient battre contre ses tempes et il a l’impression que sa tête va exploser sous ce soleil de plomb. Un moustique se pose sur sa nuque, il n’a même pas la force de l’écraser et sent la sueur qui lui dégouline dans le dos… Il doit faire bien frais dans la chambre et on a tout le temps avant que le T-Bone steak soit cuit, il est aussi épais que l’annuaire de Californie…

9 mois plus tard la petite Rachel voit le jour.

35 ans plus tard, la petite Rachel présente le Rachel Maddow show sur MSNBC

36 ans plus tard, l’émission + Clair de Canal Plus interviewe Judith Silberfeld de Yagg. com à propos de Rachel Maddow, journaliste politique et lesbienne.

Ce jour-là, je digère devant la télé ma côte de porc marinée et mes frites de patate douce et je me dis :

1 : « J’aime beaucoup sa coupe de cheveux. »

2 : « Yagg.com, késaco ? Je vais aller faire un tour, pour voir, mais d’abord un petit thé à la menthe, pour digérer… »

4 mai 2009 : inscription. Pseudo : Pitaladio. Numéro de matricule 1018

La suite on la connaît…

Je tenais donc à remercier Bob d’avoir été d’humeur polissonne et remercier Elaine de ne pas avoir eu la migraine (ou pire !) et d’avoir bien voulu poser son livre 5 mn le temps que le miracle de la vie s’accomplisse. Sans eux, je n’en serais pas là.

Thank you guys.

Thank you Yagg.

Et merci la vie… ;-)

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EXERCICE D’HOSTILE

14 juillet 2010

Voici un petit « Exercice de style » inspiré de Queneau

et d’une conversation avec Maxime.

FACTUEL

Maxime, jeune homme de 30 ans, homosexuel, bien dans ses Converse, cheveux courts, barbe de plusieurs jours savamment entretenue, vêtu d’un jean, d’un t-shirt et d’un sweat-shirt à capuche sort de chez lui, malgré un gros rhume qui lui irrite la gorge et le fait parler du nez. Il se rend à la boulangerie où il achète une chocolatine et une demi baguette. Ressort en bousculant le client qui attend derrière lui dans la queue, un homme au teint mastic, assorti à son imper, qui serre un livre contre lui. Maxime s’excuse en lui posant la main sur le bras et en lui souriant. Alors qu’il se dirige vers la maison de la presse, il est pris d’une soudaine envie d’éternuer, il fouille ses poches, ne trouve pas de mouchoir, mais une serviette en papier jaune qu’il a dû fourrer dans sa poche machinalement la veille après avoir dégusté un falafel rue des Rosiers. Il éternue, se mouche bruyamment et se vaporise du Locabiotal dans la bouche. Il remarque que l’homme à l’imper couleur mastic est ressorti de la boulangerie avec un paquet à la main et qu’il l’observe d’un air à la fois sévère et un peu dégoûté. Il rentre dans la maison de la presse, toujours suivi par l’imper mastic, achète Libération, Le Canard Enchaîné et Marianne, ne prend pas de sachet par souci écologique, puis rentre chez lui. Il aperçoit l’homme à l’imper ressortir de la maison de la presse et se diriger vers l’arrêt du bus 95.

HOMOPARANO

Je vais à la boulangerie acheter une tarte aux pommes, avant d’aller déjeuner chez maman, comme tous les mardis. Je remarque, dès que j’entre un inverti, à sa manière de se tenir un peu déhanché et à sa voix nasillarde et maniérée. Je remercie le ciel de me trouver derrière lui et non pas devant dans la file d’attente (je n’aime pas le terme de « queue », que je trouve très laid). C’est un jeune homme qui sert, l’inverti lui demande une chocolatine, invitation très claire à la sodomie, pour qui connaît le langage codé homosexuel. Je suis outré, j’ai des haut-le-cÅ“ur, mais je ne bronche pas, car c’est l’occasion de vérifier « in vivo » ce que j’ai pu lire dans ma bible, qui d’ailleurs ne me quitte jamais : le Qu’y puis-je ? sur La mafia gay et son langage codé, numéro 1935, paru en 1982, à moins que ce ne soit le contraire, mais je m’égare… J’ouvre bien grand les oreilles afin d’être à même de déceler les horreurs que ne va pas manquer de proférer ce pervers, persuadé qu’il est de n’être compris que par ces « condégénérés » et en effet, il enchaîne immédiatement en demandant une demi baguette, ce qui d’après mon Qu’y puis-je ?, page 85, est l’expression consacrée pour faire savoir à un éventuel partenaire que l’on est circoncis. (Les invertis aiment savoir ces choses-là, allez savoir pourquoi, ça me révulse rien que d’y penser.)

Soudain, j’ai le cÅ“ur au bord des lèvres, il m’a bousculé en se retournant, et le voilà qui me regarde avec ses petits yeux pervers et s’excuse en me soufflant son haleine fétide et sulfureuse à la figure et en posant sa main sur mon bras ! J’essaie tant que faire se peut de rester stoïque et courtois et de résister à l’envie d’essuyer la manche de mon imper couleur mastic (qui me va très bien au teint, d’ailleurs, d’après la vendeuse) à l’endroit où s’est posée sa main (Dieu sait dans quels endroits innommables elle a bien pu se fourrer !)

Durant l’incident, j’ai toutefois le temps de remarquer qu’il porte trois anneaux à l’oreille, ce qui signifie qu’il est adepte du triolisme, et qu’il arbore une barbe courte et bien entretenue. C’est donc ce qu’on appelle un « Bear », c’est-à-dire un ours, bien qu’il soit plutôt maigrichon, sans doute une sous-catégorie qui n’a pas encore été répertoriée : « ours polaire victime du réchauffement climatique. »

J’achète ma tarte et je ressors. L’inverti est encore là, il s’apprête à traverser. Soudain, je le vois se trémousser en se frottant le nez, puis il sort de sa poche un foulard jaune qu’il se met à agiter et fait mine de s’y moucher. Je ne suis pas dupe, c’est le signal pour indiquer qu’il est adepte de l’ondinisme. Je le vois ensuite porter à la bouche un flacon de Locabiotal (il y a sans doute une signification cachée derrière ce nom, mais laquelle ?) et il s’en vaporise allégrement la luette. J’en déduis qu’il pratique la fellation, voire ce qu’on appelle des « gorges profondes » et je ne m’étendrai pas sur le sujet. (Page 96 du Qu’y puis-je ?, pour ceux qui souhaitent en savoir plus et qui ont le cÅ“ur bien accroché.)

Décidément, je suis tombé sur un spécimen des plus gratiné ! J’ai un peu la nausée, mais décide de le suivre quand même pour confirmer mes observations. J’entre après lui dans la maison de la presse où je le vois acheter Libération, Le Canard Enchaîné et Marianne et j’en déduis qu’il vit en couple libre, pratique le « bondage » et aime se travestir en femme.

Le vendeur lui propose un sachet, qu’il refuse ! Le sens est on ne peut plus clair : mon inverti ne met pas de préservatifs et pratique ce qu’on appelle le « bareback », autrement dit le dos-nu !! Si maman savait ça !

Je note tout cela fébrilement sur les dernières pages de mon Qu’y puis-je ? afin de ne rien oublier. J’ai raté le 95 de 11h30. Je vais arriver en retard. Maman va être furieuse.

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Masturbation Mammaire

14 juin 2010
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Ma grenouille est une cochonne.

A toutes les lectrices de Elle : Prenez-en de la graine !

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Etre père, quelle plaie ! Etre mère, quel pied !

14 juin 2010
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On sait depuis longtemps que les publicités pour les voitures ne s’adressent quasiment jamais aux femmes et sont souvent sexistes, voire misogynes. C’est un choix que je trouve assez bizarre dans la mesure où il me semble bien que les femmes aussi conduisent et achètent des voitures. Enfin, en tout cas, j’en ai aperçu quelques-unes au volant (mort au tournant !)

Je voudrais parler d’une pub pour une marque que je ne citerai pas et qui est déclinée depuis un moment, mais toujours avec le même slogan qui personnellement me choque, je me demandais si j’étais la seule dans ce cas.

Voici le slogan : « Etre père se paie déjà assez cher ».

Et ce qui me choque, ce n’est pas tant ce qui est dit (être père, ça peut parfois être pénible, ce qui est vrai), mais ce qui n’est pas dit. Car il n’y a pas, et il n’y aura jamais, de version féminine :

« Etre mère se paie déjà assez cher »

Cette pub m’agace profondément parce qu’en faisant mine d’aller à l’encontre du politiquement correct, elle relève en fait d’une vision sexiste et rétrograde de la femme et de sa place dans la famille et dans la société, mais d’une manière insidieuse, justement en éliminant la femme de l’équation, comme si ça allait de soi.

Le choix, forcément conscient du publicitaire, tient sans doute à une vraie crainte de choquer, car en effet, personne ne s’offusque vraiment de lire qu’être père, ça peut parfois être pesant, mais comment pourrait-on imaginer qu’une mère puisse un seul instant penser la même chose ? Elle qui est faite naturellement pour porter des enfants, les élever, s’en occuper et surtout pour adorer ça, pour n’aspirer qu’à cela et s’y épanouir totalement.

Alors que l’homme a sans doute une destinée plus grandiose à accomplir et que ses tympans sont trop fragiles pour supporter les cris des bébés, que son cerveau, occupé normalement à des tâches plus nobles, n’est pas fait pour compter le nombre de dosettes à mettre dans le biberon. Sans parler de ses narines, qui si elles tolèrent parfaitement l’odeur du gazon fraîchement tondu, du barbecue dominical et de la sueur des copains au vestiaire, est totalement réfractaires aux doux effluves qui se dégagent des couches de ses chers morpions. Et puis surtout, autant la mère ne vit que par et pour ses enfants, autant, pour le père, il s’agit juste d’une formalité, en quelque sorte.

On est donc en plein cliché, nous revoilà revenus dans les années 50 : la mère est forcément aimante et le père forcément distant. La femme est réduite à un cÅ“ur, une matrice et une paire de nichons, et l’homme à un cerveau, un tas de muscles et une paire de couilles

Il serait pourtant grand temps que les publicitaires, et la société en général, se rendent compte que la femme a bien un cerveau et que l’homme a bien un cÅ“ur.

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Ma mère, Meetic, le test HIV, la capote et moi

14 juin 2010
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Bon, ma mère (63 ans) est inscrite sur Meetic. Comme je sais que je parle à des usagers de sites de rencontres, pas besoin de vous expliquer comment ça marche.

Je dirais juste qu’elle a eu plus de rencards en un an que moi en une vie, mais bon… ça, c’est un autre problème.

J’ai donc trouvé l’autre jour, à côté du PC de ma mère, une liasse de feuilles 21 x 29,7 coupées en deux dans le sens de la hauteur sur lesquelles elle avait pris des notes, ça se présente comme ça :

Pseudo, âge, taille, ville, profession, signe astrologique et pourcentage de compatibilité (ça c’est une invention de Meetic, ils sont romantiques, ces hétéros !) et commentaire de ma mère.

Exemples : vierge, fonctionnaire, 56 ans, 65 %, ou bélier, consultant, 1, 80 m, 55 % (Bof !) (Le « bof ! » est de la main de ma mère.)

Ce qui revient le plus souvent dans les commentaires, c’est « pas de photo » ou « photo floue », ceux-là peuvent aller se gratter (« J’ai pas de temps à perdre ! »)

De même que ceux qui n’ont jamais été mariés ou qui sont séparés éveillent sa méfiance. Ceux qui n’ont jamais été mariés parce qu’à son âge et pour sa génération, c’est suspect et en plus s’il est pas dégourdi (je vous fais pas un dessin), ça va pas le faire; et ceux qui sont séparés, parce qu’elle a déjà donné : ceux-là s’amusent quelque temps avant de retourner sagement chez leur ex ! (Le dernier en date, par exemple, mais il a pris le temps de repeindre les WC, elle a pas tout perdu.)

Pour les autres profils, ça donne ça :

Moche

Très moche

Trop moche

Trop petit

Mignon

Ecrit bien

On dirait une femme !

Gentil. Fait du tir à l’arc

Ne me plaît pas

Ne me plait pas du tout

Catho, jamais !

Ingénieur (« de surfaces ? »)

Juste le pseudo : non !

Trop maigre ! (« S’ils sont petits et maigres, qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Je vais avoir l’air d’une vache à côté. »)

Non, décidément !

On le voit mal, de profil.

Non, je ne l’aime pas du tout

Trop jeune

Trop vieux

Très bien (beau)

Trop tard ! (J’aime beaucoup celui-là)

Mobilité réduite : non !

Bof !

Un enfant au domicile : non !

Pas mal. Lyon. Loin. (C’est joli. Ça, c’est moi qui le dis. Et si le monsieur avait été lion, ça aurait été encore mieux. Mais je m’égare.)

Non, veut un enfant !

Con !!

Laid !

Pas terrible !

Pas mal, écrit bien

Portugais ! (Ne me demandez pas pourquoi…)

A chaque rencontre, ma mère va faire un test HIV. L’infirmière du labo l’a vue passer plusieurs fois, maintenant. La dernière fois, elle lui a demandé pourquoi elle faisait le test. Réponse : « Parce que j’ai un homme sur le feu. »

Après l’avoir taquinée avec ma sÅ“ur, dans le genre : « Dès que tu vois un mec qui te plaît, tu vas faire une prise de sang ! », je lui ai quand même demandé pourquoi elle n’utilisait pas de capotes, ce qui paraît plus simple, quand même. Eh bien, visiblement, ces vieux schnocks ne le proposent jamais, ils doivent penser qu’il n’y a aucun risque et ma mère n’ose pas en parler. Pourtant, elle en a acheté, qu’elle a retrouvées en faisant du rangement dans la salle de bain.

Moralité : la prévention pour le test HIV, ça marche bien. Pour la capote, moins, en tout cas chez nos amis hétéros seniors. Je vais peut-être lui envoyer le lien de la vidéo de François Sagat pour qu’elle la montre au prochain. Quoique non, vaut mieux pas. Ça risquerait de lui foutre des complexes.

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